Début des travaux :  
Groꢀe des Arbousiers  
Un courrier, rédigé par Daniel.C a été adressé à  
l’ONF pour leur signaler nos recherches et les tra-  
vaux en cours.  
Contexte hydrogéologique :  
Située dans la région des Monts de Saint-Guilhem-  
Le-Désert, massif karsꢀque très accidenté, situé à  
l’extrémité méridionale du causse du Larzac, au  
pied du Mont Saint-Baudille, la groꢁe des Arbou-  
siers s’ouvre en bordure du senꢀer qui monte au  
Roc de la jarre (638m) depuis la combe de la Fosse  
en bordure de l’Hérault.  
Et c’est le 20 Aout 2018 que nous entreprenons les  
premiers travaux de désobstrucꢀon. La montée est  
rude jusqu’au site (220 mde dénivelé), malgré la  
chaleur ambiante et chargés du matériel, notre mo-  
vaꢀon est au top.  
Pour nous accompagner, sont présents et resterons  
présents jusqu’à ce jour, Daniel.C qui mène d’un  
pas dynamique notre peꢀte troupe, Le Doc qui  
agrémente de ses joyeux et décalés propos nos  
séances, Jean-Pierre.B qui de son calme légendaire  
nous ramène toujours à la réalité, Christophe.S in-  
Ce peꢀt trou de « sourie », que tout le monde avait  
repéré depuis l’existence de ce parcours bien connu  
de randonnée sur ce magnifique secteur, a aꢂré  
notre aꢁenꢀon effecꢀvement au cours d’une de  
nos rando-prospecꢀon sur ce massif.  
«
Peꢀt trou de rien du tout », qui aspirait de façon faꢀgable qui ne lâche rien, Laurent.T discret mais  
impressionnante l’air chaud de ce mois de Juin  
018, localisé pas très loin de la groꢁe de la Baume  
efficace, Pascal.M « El Terroristo » à qui rien ne ré-  
siste …  
2
Cellier et sur le massif du système de la groꢁe du  
Sergent ... Notre expérience spéléologique n’a pas  
mis longtemps à acꢀver nos radars de détecꢀon de  
centre d’intérêt et surtout Daniel Caumont…  
Nous avions aussi jusqu’à son départ définiꢀf pour  
d’autres aventures, le regreꢁé Patrick Canedo dit  
«
Patricou », spéléo hyper invesꢀ, toujours moꢀvé,  
des plus compétent et animé d’une joie de vivre,  
malgré la maladie dont il souffrait ces dernières an-  
nées, un camarade apprécié et respecté.  
Nous avons alors, sans tarder, contacter Daniel.C,  
notre référent et conseiller spéléologique qui a con-  
firmé, avec une certaine excitaꢀon, nos inꢀmes  
supputaꢀons. (cf. le site de Daniel.C sur ce système)  
et nous a encouragé à y meꢁre notre nez!  
Photo : S.MOUNEYRAT  
Photo : S.MOUNEYRAT  
Photo : S.MOUNEYRAT  
Les travaux avancent vite avec l’aide de quelques  
arꢀfices » toujours bien placés par Pascal car ce  
«
dernier a le « feeling » et le « sens » de la cavité. Il  
sait en lire le profil et son histoire originelle, lui per-  
meꢁant d’en comprendre sa géomorphologie et  
nous permeꢁre ainsi de progresser rapidement  
dans le massif.  
Devant les résultats obtenus, certains viennent  
«
nous aider »…  
Une galerie d’entrée est creusée au profit de gros  
blocs de pierre dégagés où on découvre un sem-  
blant de chenal de voute, quelques résidus de con-  
créꢀons et beaucoup de morceaux anciens de cal-  
cite.  
Tous ces matériaux sont ressorꢀs et stockés à l’ex-  
térieur en un muret encerclant l’entrée afin d’en  
prévenir la chute éventuelle de randonneur et de  
vétéꢀste.  
Durant ceꢁe période esꢀvale, l’intérieur de ceꢁe  
parꢀe de la cavité ainsi pénétrable est un véritable  
four car l’air extérieur y est aspiré. Nous en ressor-  
tons trempes de sueur, déshydratés, la gorge et les  
yeux pleins de poussière.  
Pendant ces travaux semi-extérieurs, de nombreux  
randonneurs s’arrêtèrent intrigués et curieux de  
connaitre l’objecꢀf de notre présence. Ces  
échanges riches, nous permirent de rencontrer  
d’anciens spéléos ravis de ceꢁe iniꢀaꢀve, de réo-  
rienter aussi quelques randonneurs « égarés » ou  
d’indiquer à d’autres la présence intéressante et  
voisine de la groꢁe de la baume Cellier.  
Nous progressons, sous le GR situé juste au-dessus, Et déjà, de belles concréꢀons, stalagmites et stalac-  
dans l’espoir que cela ne s’effondre pas sur nous,  
pour aꢁeindre au bout de 5 mètres une peꢀte  
ꢀtes sont présentes, symboles de la présence toute  
proche d’une cavité à découvrir.  
«
cloche » où « certains » ont failli nous égarer…  
Ceꢁe première salle de dimensions modestes de  
Après reprise en main du chanꢀer par Pascal, une  
suite, à l’opposé de celle entreprise sans succès par  
les « certains », nous permet de déboucher, après  
une descente contre une paroi promeꢁeuse et une  
trémie de blocs plus ou moins stables, dans une  
première peꢀte salle que nous nommeront la  
3
,5 large sur 1,5 de hauteur et 4 de longueur a ac-  
cueillie ce jour de première pas moins de neuf per-  
sonnes.  
Mais notre progressions est de nouveau « ralenꢀe »  
par une suite, pas évidente, à trouver. En effet des  
blocs occupent le fond de ceꢁe salle et l’air semble  
sorꢀr de partout…  
«
salle des scepꢀques », tant les quolibets et les ré-  
flexions fusèrent sur nos chances d’abouꢀr!  
Au final, c’est Pascal qui trouve la logique  
à ceꢁe configuraꢀon et la masseꢁe puis  
la perfo sont de nouveau sollicitées.  
Ce jour là, la « première » s’achève sur  
cet espoir. Mais, certains ne revinrent  
pas. Ils n’entendent pas et ne partagent  
pas le véritable sens de la recherche et de  
l’exploraꢀon Spéléologique..  
Bloqués par un passage de nouveau très  
Jean-Pierre.B et sa fille  
«
Les passionnés soulèvent le monde, et  
les scepꢀques le laissent retomber »  
Albert Guinon  
«
Le Doc et Patrick»  
«
Patrick, Christophe et ... »  
étroit, mais où la présence du courant  
d’air y est bien présente, nous conꢀ-  
nuons nos travaux encore quelques  
séances suivantes.  
Nous débouchèrent dans un passage  
plus confortable, descendant, facilement  
accessible qui après de nouvelles  
séances de ꢀrs nous permis de débou-  
cher dans une première et belle galerie.  
Photo : S.MOUNEYRAT  
Jour de découverte de la galerie : De gauche à droite : Jean-  
Pierre B - Pascal M - Sylvie M - Daniel C - Patrick C - Chris-  
tophe S (photographe) et Le Doc (déjà sorꢀ…)  
C’est Patrick qui y foula le premier le sol argileux,  
émerveillé par ce qu’il y découvrit et rapidement  
suivi par toute la bande de joyeux groupe de spé-  
léos ravis de ceꢁe réussite et excités comme des  
puces.  
Car quelle surprise, quel enchantement et quelles  
promesses de suites!...  
Pascal M et Jean-Pierre B devant un imposant « disque »  
parꢀellement décollé  
Photo : S.MOUNEYRAT  
Photo : S.MOUNEYRAT  
Photo : S.MOUNEYRAT  
Photo : S.MOUNEYRAT  
La Galerie du « Patricou »  
Photo : P.MOUNEYRAT  
Photo : S.MOUNEYRAT  
Photo : S.MOUNEYRAT  
Photo : S.MOUNEYRAT  
Photo : S.MOUNEYRAT  
Nous débouchons dans une grande galerie dont les  
parois sont recouvertes de draperies, de stalag-  
mites, de stalacꢀtes , par endroits de quelques ex-  
centriques. Et un peu d’aragonites.  
La galerie d ‘une hauteur de 8 et d’une largeur 4  
est remarquablement recꢀligne. Sur le report en  
surface, elle part directement dans la colline, en  
direcꢀon de la Baume Cellier…  
Au bout de quelques mètres, un passage rendu  
étroit par une profusion de concréꢀons permet de  
passer dans la suite morphologiquement différente.  
En effet, le plafond s’élève à une hauteur de 10 m  
pour donner à la galerie une imposante impression.  
Nous sommes dans une diaclase avec un supposé  
«
aval » qui repart en parallèle de la parꢀe d’où  
nous venons.  
Cet aval exploré dès ce premier jour et lors des re-  
levés pour en dresser la topographie se termine sur  
une zone très étroite et qui rejoint à quelques  
mètres près la zone d’entrée.  
Sur un côté de la galerie, des belles strates sont par-  
Photo : S.MOUNEYRAT  
culièrement visibles et recouvertes de concréꢀons  
en « choux-fleurs » avec de-ci, de-là des cristallisa-  
ons en forme de « papillons ».  
Photo : S.MOUNEYRAT  
Ceꢁe galerie que nous avons nommée la galerie de Nous profiterons d’une séance suivante pour bali-  
«
Patricou » se termine sur un peꢀt départ bas par- ser avec du ruban la cavité afin d’en délimiter les  
ellement colmaté par du sable argileux. passages et protéger les endroits jugés fragiles.  
Quelques séances après, nous y avons débuté une La suite de ceꢁe exploraꢀon se passe dans une  
peꢀte désobstrucꢀon mais l’absence d’air et l’étude autre galerie découverte après une escalade réali-  
de la formaꢀon de la cavité nous y ont fait renon-  
sée par Jean-Pierre B. Equipée au début d’une  
cer. De plus l’environnement parꢀculièrement con- échelle souple, nous avons définiꢀvement opté  
créꢀonné et magnifique avec une concréꢀon d’une pour l’implantaꢀon de barreaux de fer dans la pa-  
rare beauté ont eu raison de nos appréhensions.  
roi, facilitant et sécurisant la montée.  
Photo : S.MOUNEYRAT  
Nous profiterons d’une séance suivante pour baliser avec du ruban la cavité afin d’en délimiter les pas-  
sages et protéger les endroits jugés fragiles.  
Photo : S.MOUNEYRAT  
Photo : S.MOUNEYRAT  
Photo : S.MOUNEYRAT  
La suite de ceꢁe exploraꢀon se passe dans une  
autre galerie découverte après une escalade réali-  
sée par Jean-Pierre B. Equipée au début d’une  
échelle souple, nous avons définiꢀvement opté  
pour l’implantaꢀon de barreaux de fer dans la pa-  
roi, facilitant et sécurisant la montée. Une chaꢀère  
en chapote la montée se prolongeant par un pas-  
sage étroit entre des draperies et une concréꢀon  
originale en forme de cèpe.  
Photo : S.MOUNEYRAT  
Jean-Pierre débouche le premier dans ceꢁe galerie,  
en milieu d’un éboulis de pierres et nous crie « ça  
conꢀnu!!!! ». Et quelques minutes plus tard, nous  
nous retrouvons de nouveau tous dans ceꢁe galerie  
Photo : S.MOUNEYRAT  
«
du haut », en admiraꢀon devant le spectacle  
offert.  
Un premier tour d’horizon, nous fait supposer, à  
raison, que nous devons être, quelques mètres plus  
bas, au pied de la trémie de l’entrée.  
Une galerie d’une hauteur de 12 sur 5 de large.  
Pour le moment, elle conꢀnue dans la même direc-  
on que la précédente et comme est, aussi, joli-  
ment concréꢀonnée.  
A un endroit, il se trouve un peꢀt gours bien rempli  
d’eau au-dessus duquel on y découvre de belles  
pendeloques  
Photo : S.MOUNEYRAT  
Photo : S.MOUNEYRAT  
Photo : S.MOUNEYRAT  
Photo : S.MOUNEYRAT  
Photo : S.MOUNEYRAT  
Photo : S.MOUNEYRAT  
Photo : S.MOUNEYRAT  
Photo : S.MOUNEYRAT  
Photo : S.MOUNEYRAT  
Photo : S.MOUNEYRAT  
Nous progressons lentement dans ceꢁe galerie,  
soucieux de ne rien « casser » sous nos pieds et par  
nos gestes parfois maladroits.  
Plus tard, nous y reviendrons pour, ici aussi, baliser  
le passage principale afin d’éviter des « saccages »  
de parꢀes à protéger car inuꢀle à visiter pour le  
spéléo-visiteurs.  
C’est ainsi que quelques passages sont repérés  
mais sans suite trouvée car la conꢀnuité de la gale-  
rie est bien au fond, dans le même axe que la gale-  
rie du « Patricou’. En effet, le courant d’air vient de  
là-bas… en sommet d’une imposante coulée de cal-  
cite qui se termine en une magnifique et majes-  
tueuse draperie.  
C’est Jean-Pierre B qui en fait, de nouveau, le pre-  
mier l’escalade et ce n’est pas évident car elle se  
poursuit par un passage montant très étroit. Il y  
passe difficilement mais finir par déboucher dans  
une galerie enꢀèrement recouverte de calcite  
blanche et de fragiles aragonites. La suite est bien  
là… mais pour une prochaine fois car il faut aména-  
ger ce délicat passage qui peut présenter un facteur  
accidentogène sérieux.  
Photo : S.MOUNEYRAT  
Les séances suivantes auront donc comme objecꢀf  
la sécurisaꢀon de ce passage et son calibrage afin  
d’en faciliter l’usage. Plusieurs travaux  
Enfin tout le monde a accès à ceꢁe nouvelle parꢀe  
de la cavité. Mais nous buꢁons rapidement sur une  
coulée qui obstrue le passage ne laissant qu’un pe-  
«
d’élargissement » sont faits et nous optons , pour  
la montée, pour la pose de barreaux de fer, équipe-  
ment en fixe, plutôt qu’une échelle souple en acier.  
t trou de sourie où l’air arrive.  
Photo : S.MOUNEYRAT  
Photo : S.MOUNEYRA
Photo : S.MOUNEYRAT  
Tous nos efforts sont concentrés sur ce « peꢀt  
trou » dans ceꢁe coulée de calcite. Des séances de  
«
ꢀrs » furent programmées. Séances ingrates et  
difficiles où les résultats aꢁendus n’étaient pas tou-  
jours aꢁeins.  
Du « matériel » plus performant a alors été uꢀlisé  
avec en contre-parꢀ un « dégazement » plus impor-  
tant qui nécessité notre départ de la cavité pour ne  
pas en être incommodé.  
Mais cenꢀmètres par cenꢀmètres nous avancions…  
et toujours ce courant d’air, parfois surprenant qui  
soufflait, aspirait soufflait et de nouveau aspirait …  
nous laissant alors croire puis douter de nos  
«
«
supputaꢀons », « calculs », « études » et  
théorie ».  
Et oui, l’exploraꢀon d’une nouvelle cavité, c’est tout  
cela, saupoudré d’espoir, de beaucoup d’envie, de  
moment de joie, voir de délires, parfois de décep-  
Photo : S.MOUNEYRAT  
on, quelque fois de rage puis de nouveau de la  
moꢀvaꢀon qui repointe son nez et c’est reparꢀ …  
Photo : S.MOUNEYRAT  
Photo : S.MOUNEYRAT  
Et puis après 8 séances ingrates, un écho, du noir et  
le bruit des pierres qui roulent et sont projetées  
dans une salle, une galerie, un puit ?! …  
Le passage à peine déblayé, tout juste calibré, tout  
le monde s’y engouffre!  
ça monte! ça froꢁe! On vide les poumons pour di-  
minuer la hauteur de la cage thoracique (n’est-ce  
pas Pascal) mais on y va, Christophe en tête, ce sera  
donc la galerie ou la salle Christophe.  
Et on débouche tête la première en sommet de  
l’autre côté de ceꢁe énorme coulée de calcite, à  
une hauteur de cinq mètres, en plafond de la suite  
semblable à la ce qui semble être la conꢀnuité de la  
galerie du haut.  
Mais, il faut se retourner pour descendre les pieds  
devant. Le retournement n’est pas évident, sans  
prises ni véritable espace pour l’effectuer. Alors  
l’esprit d’équipe, l’entraide, le respect des uns et  
des autres, la bienveillance sont là et chacun aide  
l’autre.  
Photo : S.MOUNEYRAT  
Bravo à Christophe qui en première s’est débrouillé  
tout seul pour ne pas « se casser la gueule » en  
bas...  
Sous nos pieds, un passage descendant, nous mène  
à une peꢀte salle superbement concréꢀonnée où  
nous ne pouvons tenir debout mais où chacun y  
passera un certain temps à admirer et photogra-  
phier les différentes variétés et formes de concré-  
ons.  
Photo : S.MOUNEYRAT  
Photo : S.MOUNEYRAT  
Photo : S.MOUNEYRAT  
Photo : S.MOUNEYRAT  
Photo : S.MOUNEYRAT  
Photo : S.MOUNEYRAT  
Photo : S.MOUNEYRAT  
Photo : S.MOUNEYRAT  
Photo : S.MOUNEYRAT  
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